Enfin après les montagnes place aux grandes plaines de blé ! Pour rejoindre Matera nous avons fait une première halte à Spinazzola avec 60 km au compteur puis encore 70 km jusqu’à Matera qui est capitale européenne de la culture cette année.

Nous installons notre tente dans un joli Agritourismo (Masseria del Pantaleone) en bordure de la ville. Nous découvrons la spécialité du coin purée de fève et chicorée, un plat nourrissant riche en légumineuses et légumes, parfait pour changer des pâtes !

Belle surprise lors de notre retour à la tente, nous faisons la connaissance de Ashley et Quentin en voyage à vélo et à cheval en direction de l’Indonésie. Ils ont été de très bon conseils pour la suite de nos aventures en Albanie du Nord. Vous pouvez retrouver leur périple sur leur site : https://www.enselle.voyage/

Après une bonne nuit pour se remettre des kilomètres de la veille direction les Sassi de Matera. Ces deux quartiers représentent le cœur de la vielle ville.

L’Agritourismo propose une navette gratuite pour rejoindre la ville. Par chance notre chauffeur est un guide du parc naturel passionné par sa citée, qui nous a donné les clés pour découvrir et comprendre les différentes étapes de l’histoire de Matera.

On ne rentre pas dans les détails pour laisser à ceux qui souhaite s’y rendre, le plaisir de découvrir par eux-mêmes .

Dans les grandes lignes, la ville est née de l’occupation des grottes naturelles sur les versants calcaires creusés par le torrent de Gravina tout en bas.

Les paysages devaient être proches de ce que l’on peut apercevoir dans le Parco della Murgia Materana, qui débute sur les versants opposés.

Plus tard chaque espace est aménagé et la citée acquière petit a petit son côté labyrinthesque.

A l’époque contemporaine la ville connaît trois dates clés :

À la sortie de la guerre, Matera est « redécouverte », complètement oubliée et en dehors du monde. La ville semble s’être arrêtée des siècles en arrière.

Les familles et les animaux s’entassent dans les mêmes pièces. L’oxygène dans les habitats troglodytes se fait rare et on est obligé de laisser les portes en permanence ouvertes pour faire venir de l’air. La mortalité infantile y est très élevée et les défunts sont souvent conservés dans un trou derrière le lit conjugal par manque d’espace.

À une époque où les voyages en avion se démocratisent, les conditions de vie des habitants de Matera vont marquer le reste du pays. La ville est considéré comme la honte nationale. Il est plus que temps d’agir.

En 1952, le gouvernement italien déclare les sassi inhabitables et l’ensemble de la population (20 000 personnes) va être relogé dans la nouvelle Matera et dans les nouveaux villages alentours.

En 1993 Matera est inscrite sur la liste du Patrimoine mondiale de l’UNESCO. La ville devient un exemple des « plus intacts et les plus remarquables d’habitations troglodytes en région méditerranéenne » (site web Unesco)

En 2019, Matera prend sa revanche sur son passé douloureux, en devenant Capitale Européenne de la Culture mais les paysans des années 90 devenus pour une partie d’entre eux ouvriers ont eux dû migrer pour un meilleur accès à la terre ou de meilleures conditions de vie.

Si vous visiter Matera en 2019, attendez-vous à un petit bain de foule.

Pour plus de détails et mieux comprendre l’histoire de la ville, on vous conseille le musée Casa Noha (une ancienne maison avec une projection d’une demie heure) avant de vous perdre dans les ruelles de la ville.

Afin de sustenter notre estomac comme nos yeux, nous avons découvert par hasard un restaurant végétarien en dehors du circuit touristique du nom de Fior di Cucuzza.

C fiordicucuzza.com

Bon appétit.

2 Comments

  1. Bellissimo !!! On est allé à Matera avec Aymen, il y avait encore la Malaria jusqu’en 1970 !
    Mais on avait nettement moins d’infos culturelles que vous 🙂
    Buon viaggio!

    Camille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *